dimanche 26 avril 2009

souvenir de la coupe du monde

Tandis que beuglent les connards, j’écoute, entre les buts, entre leurs buts, des musiques tristes, intensément, et le reste d’ivresse s’écoule doucement le long des harmonies… Ils ont des voitures pourvues d’avertisseurs, ils ont des cornes de brume, pour s’y retrouver, pour trouver leur chemin les uns vers les autres à travers leur brouillard. Ils font du bruit, ils sont ensemble, ils sont d’accord entre eux, la trêve, la fête, et demain les hostilités reprennent, et c’est sans doute très bien ainsi. Ils n’ont pas de fusils, ils n’ont pas d’armes, ils n’ont que des ballons, il n’y aura pas de mort, ou alors par accident, trop d’émotion, la France a gagné, le cœur a lâché, le sport de haut niveau, que voulez-vous, difficile de klaxonner longtemps, de passer les vitesses et de tenir le volant en même temps, le bébé est tombé des bras de sa mère qui faisait la ola, rien de bien grave, du domestique, du quotidien, et même des vies ont certainement été épargnées ce soir, les assassins regardent le foot, les poivrots n’ont pas pris la route… Rien de grave, non, un simple désagrément pour nous autres indifférents, nous autres qui aimerions bien être indifférents, qu’on ne vienne pas ainsi jusque sous nos fenêtres exciter notre mépris, qu’on nous laisse larmoyer avec nos jolies musiques, qu’on nous laisse dormir, qu’on nous laisse, qu’on ne nous rien du tout…

Nous aimerions pouvoir disparaître dans les musiques que nous écoutons, le temps d’un match.

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